06.10.2008 | Ecrit par Michael Dupuy | Catégorie : Analyses
Le mot est sur la bouche de tous les journalistes, tous les économistes, tous les traders, en somme tous les comédiens participants à cette pièce tragique. Les places financières vont mal et ont besoin de liquidités.
Liquidité, un terme qui va être de plus en plus à la mode au cours des prochaines semaines. Le système économique est mis à mal après des années d’insolence et d’exagération et manque à présent terriblement de confiance. Confiance et liquidité deux mots devenus synonymes.
On pourrait penser que cette crise puisse jouer le rôle de purge et ramener un peu d’ordre dans ce bazar financier. Hélas le mal est devenu bien trop douloureux et ce pauvre placard n’a plus assez de place pour contenir l’ensemble des cadavres de cette économie. Tant de cachoteries se sont accumulées que la surprise une fois révélée au grand jour fait froid dans le dos et arrive même à déstabiliser ce fier pays qu’est les Etats-Unis.
La lutte contre le Credit Crunch
Derrière toute cette mascarade, derrière toutes ces tentatives visant à rassurant les épargnants, les grands dirigeants de ce monde doivent faire face à une terrible épreuve ; l’apparition probable d’un Credit Crunch. Il s’agit tout simplement d’un assèchement des crédits entraînant un enrayement de l’ensemble du système économique ; un ralentissement très difficile à combattre car les banques ne sont plus prêtes à fournir aux entreprises et aux épargnants la possibilité de faire des emprunts.
La seule solution trouvée est d’arroser les marchés avec des liquidités importantes afin de remettre un peu d’huile sur les engrenages grippés du système. Cette solution a un prix, il s’agit du prix de la confiance et il semblerait que les Etats-Unis ont estimé cela à 700 milliards de dollars. La moral est mis à mal quand on sait que les mêmes contribuables qui vont payer de leur poche cette somme pharaonique se retrouvent dans la rue, expulsés de leur maison.
Mais sur quoi est basé ce montant ? Et sommes-nous réellement sûr que cela va suffire à rétablir la confiance, après que les Banques Centrales aient déjà œuvré dans le passé en noyant les marchés d’euros et de dollars ?
Le suspens est total car rien n’indique que les banques ne vont pas geler ces sommes qui vont arriver en masse dans leurs coffres. Ces prochaines semaines vont donc être décisives car nous allons savoir si ces injections massives vont permettre de retrouver un début de confiance chez les investisseurs. N’oublions pas que d’autres surprises peuvent jaillir, avec l’apparition de nouvelles faillites et notamment les Hedge Funds qui n’ont toujours pas fait parler d’eux.
Un couloir toujours baissier
Intéressons-nous à présent comme chaque semaine aux variations graphiques de l’indice parisien CAC 40 qui n’a pas été épargné par la chute des marchés.
Sur un graphique avec une échelle de temps en journalier nous pouvons constater que l’indice s’est installé au sein d’un canal baissier. La courbe est accompagnée dans son mouvement par la MM20 et la MMe150, cette dernière trace une parallèle avec la résistance du couloir en question.
Le CAC 40 a tenté au mois de Mai de s’affranchir d’une double résistance, celle de son trend et sa MMe150 (voir graphique, chiffre 1), sans parvenir à former une clôture au-dessus de ces niveaux. La réaction fut immédiate avec un retour sur le support les mois prochains (voir graphique, chiffre 2).
Au niveau des indicateurs nous pouvons observer que le MACD évolue sous la ligne du zéro, alors que le DMI nous montre que les vendeurs sont en supériorité.
La tendance reste toujours baissière à moyen terme sur l’indice parisien mais notons tout de même qu’il a du mal pour le moment à se séparer à la baisse des 4 000 points. Un seuil psychologique qui sert de référence en attendant une réaction américaine. Les marchés se sont donc assis sur cette barre ce qui crée également des effets oscillatoires entre les 4 200 points et les 4 000 points.
Nul doute que se sont les Etats-Unis une nouvelle fois qui vont donner le tempo cette semaine et suivant leur appréciation de la situation feront plonger ou non les marchés. Mais il est clair qu’il reste encore une marge importante avant de réellement inverser la tendance et repartir à la hausse durablement.
Michael Dupuy | www.michaeldupuy.fr































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